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Contexa – des robots parfumeurs

Un article du quotidien Le Temps nous fait découvrir un univers méconnu – les robots qui permettent le dosage et le mélange lors de la fabrication des parfums. En effet, on parle souvent des nez en parfumerie et presque jamais de processus de fabrication industrielle. Il se trouve qu’une entreprise genevoise – Contexa – est active dans ce domaine de niche (uniquement 3  concurrents.)

Daniel Schupbach, cofondateur de la société genevoise Contexa. Sa nouvelle machine permet de mesurer tous les ingrédients de manière simultanée.

La société genevoise compte doubler ses ventes. La nouvelle machine permettra d’attaquer d’autres marchés

Vanille, orange, citron, lavande, rose, etc. Plusieurs dizaines de végétaux ou molécules de synthèse entrent dans la composition d’un parfum. Les quantités de chaque ingrédient doivent être scrupuleusement respectées selon la recette, avec des dosages qui oscillent entre quelques dizaines de milligrammes (mg) et plusieurs kilos (kg). La précision figure parmi les mots d’ordre du métier. Pour une même formulation, plusieurs types de balance sont nécessaires afin de peser des poids très variables. Il est en effet impossible de doser 10 kilos sur une balance au mg de la même façon qu’il est impossible de doser 20 mg sur une balance avec une portée de 600 kg.

Actuellement, lorsque l’on réalise un parfum d’une tonne, plusieurs sous-mélanges doivent être effectués. La multiplication des sous-mélanges génère différentes étapes de fabrication, des opérations de nettoyage des cuves et des capacités de stockage importantes.

Fondée en 2000 par Charles Seydoux et Daniel Schupbach – un ancien de Firmenich et Rhône-Poulenc – la société genevoise Contexa s’est imposée comme le leader mondial dans la fabrication de ces robots de dosage.

Seules quatre entreprises se partagent ce marché de niche. La discrète PME, établie dans la zone industrielle du Lignon, se bat aux côtés de l’allemand Fricke, du néerlandais Van Wyk ou du français Roxanne. Pour se démarquer, Contexa a décidé d’innover. Avec l’aide de l’institut d’Automatisation industrielle (iAi) de la Haute Ecole d’ingénieurs et de gestion du canton de Vaud (HEIG-VD) et un financement de la Commission pour la technologie et l’innovation, elle développe depuis un an un système de mesure volumétrique.

Cette nouvelle machine – dénommée Colibri – sera présentée au prochain Congrès mondial de la parfumerie qui se déroulera en juin aux Etats-Unis. Elle entend révolutionner le métier. L’objectif étant de gagner du temps et de doser toutes sortes de composants liquides en une seule opération. «Si l’on veut rester en Suisse, il faut innover. C’est la seule solution pour pérenniser l’entreprise et maintenir des emplois», estime Daniel Schupbach.

 

La nouvelle machine de Contexa permet d’accélérer la cadence grâce à son système de mesure volumétrique. Explications: «Comme on connaît la densité du produit contenu dans une seringue, on peut définir son poids. Nous n’utilisons ainsi plus de balance», explique Maurizio Tognolini, professeur à la HEIG-VD, en charge du développement électronique du projet et du contrôle de mouvement. Tous les ingrédients sont mesurés de manière simultanée et introduits en une seule opération. «Une cuve d’une tonne est dosée en quelques minutes contre quelques heures actuellement», précise Daniel Schupbach.

Il y a une ou deux seringues par produit dosé. Une seringue est composée d’un tube et d’un piston. Une vanne est connectée à chaque seringue. Il peut y avoir deux seringues par matière, l’une de petit diamètre pour les dosages très précis et l’autre, de gros diamètre, pour permettre un dosage bien plus rapide.

A la place d’une balance, des capteurs sont placés dans chaque tuyau contenant un liquide ou un produit visqueux. «Ils permettent de détecter d’éventuelles bulles d’air susceptibles de fausser le résultat. Si c’est le cas, le liquide est refoulé dans le réservoir et la bulle remonte à la surface. Les capteurs permettent aussi un dosage en continu et vérifient que la seringue est toujours pleine de liquide», précise Maurizio Tognolini.

Actuellement, Contexa travaille avec une cinquantaine de clients à travers le monde, à l’exemple de Givaudan, Firmenich, Procter & Gamble ou McCormick. «60% de notre clientèle est active dans le domaine de la parfumerie et 40% dans celui des arômes, précise Daniel Schupbach. Nous vendons une dizaine de machines par année. Le cycle de vente est assez long. Il faut compter environ deux ans entre les premiers contacts et la vente d’un appareil.»

Quel est le prix d’une telle machine? Elle avoisine actuellement les 400 000 francs. Avec Colibri, le prix sera plus flexible et variera en fonction du nombre d’ingrédients dont a besoin l’utilisateur.

Contexa espère vendre plusieurs milliers de machines par année en attaquant d’autres marchés, tels que la chimie et la pharmacie. «Nous comptons rapidement doubler notre chiffre d’affaires qui s’élève actuellement à 6 millions de francs par année», prévoit le directeur de l’entreprise. Les effectifs devraient aussi plus que doubler ces trois à quatre prochaines années afin de renforcer l’équipe actuelle qui compte vingt collaborateurs.

Malgré la force du franc suisse, Daniel Schupbach restera ancré en Suisse. L’assemblage des machines continuera d’être effectué à Genève. «Nous n’avons pas la taille pour faire monter nos machines en Chine. En outre, la Suisse offre un aspect de qualité. Il faudra toutefois rester innovant.»

 

Classé dans:Made in Switzerland,

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