Caro Fashionews

Andre Leon Talley – number 17

André Leon Talley est l’un des critiques les plus influents du monde de la mode. Sa haute stature, ses costumes extravagants faits sur mesure et ses immenses lunettes noires ont fait de lui un personnage haut en couleur, sans qui les défilés n’auraient pas la même saveur.

Né le 16 octobre 1949, André Leon Talley fut élevé par sa grand-mère. Bien que travaillant toute la semaine en tant que femme de ménage, celle-ci est parvenue tout au long de l’enfance du petit André Léon à lui offrir un foyer chaleureux, dont il garde un souvenir heureux. Il grandit dans une Amérique où la ségrégation faisait encore rage. Il dut endurer en silence beaucoup de vexations, mais cela toujours en ayant conscience de sa valeur et de sa dignité.

Son professeur de français lui donna le goût de la littérature, de l’esthétique et de l’art, qui l’influenceront tout au long de sa vie… Dès son adolescence, il fut rapidement attiré par la mode. Ainsi, un après-midi de juin, il découvrit un numéro de Vogue dans la petite presse locale, et il en devint un lecteur assidu.

Lorsqu’on lui demandera plus tard où avait-il acquis son infaillible sens du style, il citera Vogue, mais aussi sa grand-mère qui l’emmenait à la messe le dimanche. Durant le service, il observait ces femmes qui s’étaient mises sur leur trente-et-un, et il y comprit ce qu’était l’élégance.

Vous y voyiez de belles femmes, de splendides chapeaux et les gants assortis. C’était des gens sans grands moyens, mais ils avaient une allure extraordinaire, surtout le dimanche !

En dépit de son goût prononcé pour la mode, il entreprit des études de français. Une fois son diplôme obtenu, il partit s’installer à New-York où il intégra le gotha des artistes avant-gardistes qui comptait Andy Warhol et Bianca Jagger. À cette époque, très peu d’Afro-Américains étaient admis dans ce genre de milieu, encore moins dans le journalisme de mode.

Son premier job en tant que pigiste mode, il l’obtint à 28 ans au « Women’s Wear Daily », non sans susciter l’inquiétude de ses collègues qui n’étaient pas habitués à côtoyer sur un pied d’égalité une personne de couleur. Diana Vreeland, la rédactrice en chef de Vogue de 1962 à 1971, se prit d’amitié pour Talley et en fit son protégé. En plus de la direction de Vogue, elle avait à charge les collections du Metropolitan Museum of Art, et elle prit Andre Léon Talley comme assistant.

De fil en aiguille, Talley devint quelqu’un de prisé par le milieu. Il travailla par la suite à l’ »Interview » puis au « New York Times », pour finalement entrer chez Vogue en 1983, en tant rédacteur en chef des news mode. À peine cinq années plus tard, il fut promu directeur artistique et acquit, de par ce titre, un formidable pouvoir au sein du monde de la mode.

Il profita de ce poste pour mettre en valeur le travail des stylistes afro-américains, et demanda aux designers de s’ouvrir au melting-pot en choisissant plus de mannequins de couleurs pour leurs défilés et leurs campagnes de publicité. Il trouvait complètement incohérent qu’une griffe se vendant à l’international n’inclue pas dans son show tous les types de nationalité.

Il quitte Vogue en 1995, débauché par W, et s’envole pour la France où il sera le directeur des bureaux parisiens du magazine. En 1998, il revient chez Vogue en tant que chroniqueur. Ses papiers, intitulés « Stylefax », sont attendus et lus avec avidité. Depuis, la chronique a évolué : elle ne parait qu’une fois par mois et se nomme « Life with André ». En 2003, il sortit ses mémoires, « A.L.T. », retraçant son parcours.

Tous s’accorderont pour dire qu’André Leon Talley est La référence afro-américaine en matière de mode, et que personne ne l’a encore égalé. En 2003, le « Council of Fashion Designers of America » lui décerna le prix Eugenia Sheppard, pour récompenser son travail de journaliste de mode. Talley déclara, pince-sans-rire, que ce prix aurait dû lui être décerné depuis bien longtemps.

2008 CFDA AWARDS - Naomi Campbell habillée en YSL avec André Leon Talley

Depuis plus de 30 ans, Talley a sa place réservée aux premiers rangs de tous les défilés aux côtés d’Anna Wintour, de Paris à Milan en passant par New York et Londres.

Il a travaillé et travaille encore avec les acteurs les plus prestigieux de la mode et d’Hollywood. Son ami Karl Lagerfeld (qu’il connaît depuis 1975, année où Andy Warhol les présenta) lui a dessiné de longs manteaux, afin que sa corpulence toujours plus opulente conserve une allure noble. Talley décrit ses manteaux avec la dérision qui lui est chère :

Comme un tipi où on pourrait loger une famille de lilliputiens

André Leon Talley, c’est à la fois un monstre sacré, une icône de mode, mais aussi un petit garçon qui ne cesse d’être émerveillé par la créativité des stylistes. Il a su, en dépit de sa notoriété, conserver un regard dénué de préjugés qui fait de lui une valeur sûre et respectée en matière de style et de tendances à suivre.

Marc Jacobs, Andre Leon Talley, Victoria Beckham

Sources
Tendances de mode
Vogue
Wikipedia


Classé dans:Portrait, ,

Emmanuelle Alt – number 15

Photographiée par Garance Doré (mars 2010)

Emmanuelle Alt n’a pas toujours été rédactrice en chef mode du Vogue Paris.

 

Carine Roitfeld & Emmanuelle Alt

Elle fut coordinatrice mode au magazine 20ans. Un encadré est consacré à ses 10 accessoires mode indispensables et sa passion du « noir« .

Emmanuelle Alt est une fille simple (j’adore!) – peu de maquillage, habillée en gris et noir, jamais de jupe/robe. Sa silhouette longiligne représente à la perfection le style de la parisienne – toujours impeccable, très peu d’erreurs de parcours.

 

hoto de François Goizé - Emmanuelle Alt, Anna Dello Russo et Isabel Marant (oct. 2010)

______________________________________________________________________________

Carine Roitfeld & Emmanuelle Alt à la dernière Vogue Fashion Night de Paris (octobre 2010)

2 filles toutes simples qui font du shopping !

______________________________________________________________________________

Classé dans:Portrait, ,

Christian Lacroix – number 13

Christian Lacroix s’est déplacé à Genève mercredi passé pour donner une conférence sous forme de discussion avec Olivier Saillard (directeur du Musée Galliera de Paris) à la Haute Ecole d’Art et de Design de Genève. Il a parlé avec humour et modestie de la faillite de sa maison de couture et de ses projets actuels et futurs. Il travaille actuellement sur six opéras et retrouve ainsi son amour pour les costumes.

Christian Lacroix est né à Arles le 16 mai 1951.

« Enfant, je redessinais tout. A la fois pour me rassurer, pour être heureux. Je n’ai jamais rêvé d’être couturier. Je voulais être décorateur ou costumier de théâtre et de cinéma. Mon rêve d’adolescent, c’était de travailler pour Luchino Visconti. J’étais fou du «Guépard» et de «Mort à Venise». Je rêvais de reconstituer ces époques avec des chapeaux énormes. Dès l’âge de cinq ans, je faisais des dossiers sur le mobilier, sur la déco, sur le costume. Ma vie me semblait donc toute tracée. »

Passionné d’art, il étudie l’histoire de l’art à la faculté de lettres de Montpellier puis à la Sorbonne à Paris. Aspirant à une carrière de conservateur de musée, il s’inscrit à l’Ecole du Louvre.

« J’avais raté le concours de l’Ecole du Louvre ce qui m’avait profondément vexé. »

Il rencontre alors Jean-Jacques Picart, attaché de presse pour de nombreuses maisons de luxe. Il travaille chez Hermès, puis chez Guy Paulin, à Paris, en Italie et au Japon. En 1982, il prend la direction artistique de la maison Jean Patou.

«Lui était économe. Moi, j’étais inconnu et je ne coûtais pas cher! »

Robe "créole" Jean Patou par Christian Lacroix (1987)

 

En 1987, il quitte la maison Jean Patou et ouvre sa propre maison de couture avec l’appui de la société de luxe Louis Vuitton Moët Hennessy SA dirigée par Bernard Arnault et crée son premier défilé de haute couture (influences camarguaises, arlésiennes et cévenoles).

 

Premier défilé

« C’est comme ça que je me suis retrouvé couturier! J’ai fait ma première collection avec candeur,  je regardais la mode vue du Sud. C’est ce qui a plu. »

Il crée une collection de prêt-à-porter pour femme en 1988, puis pour homme en 2004.

Son nom s’impose de plus en plus comme une référence dans le monde de la mode et on le nomme directeur artistique de la maison florentine Emilio Pucci.

En janvier 2005, suite à un désaccord sur la stratégie de développement de la maison entre Christian Lacroix et Bernard Arnault, et à des résultats chroniques jugés insuffisants par ce dernier, Bernard Arnault décide de vendre la maison de couture au groupe Falic Fashion Group (montant de la transaction non communiqué).

 

Inauguration de l'exposition " Christian Lacroix, histoires de mode", au musée des arts décoratifs, à Paris, en novembre 2007.

En mai 2009, la maison de couture, en proie depuis plusieurs années à de graves difficultés financières, se déclare en cessation de paiement. Le 8 juillet 2009 a lieu le dernier défilé haute couture Christian Lacroix. Le tribunal de commerce de Paris a décidé d’appliquer un plan de redressement des propriétaires de la maison (le groupe Falic). Cette décision aura pour conséquence directe la suppression de 100 postes.

Diversification

1994 – il dessine une montre pour Swatch.

« Ah, cette montre complètement loufoque et sans aiguilles! J’ai adoré faire ça avec des gens très ouverts. J’aime quand on peut aller jusqu’au bout des choses. »

2000 – il réalise la signalétique pour l’exposition La Beauté en Avignon.

Il relooke l’hôtel le Petit Moulin à Paris (j’adore l’illustration de l’hôtel).

2005 – Christian Lacroix rhabille les voitures du TGV.

2005 – Il crée les tenues du personnel de bord d’Air France la même année.

2007 – il relooke le multiplexe Gaumont à Nantes

2007 – il conçoit le design de la ligne 3 du tram de Montpellier.

2010 – il devient conseiller artistique de la Monnaie de Paris ; il dessine, par exemple, la «Médaille du Mariage» et la «Médaille du PACS».

Bibliographie

– Qui est là? (2004)

– Ca c’est cancan (2004)

– Les Rencontres d’Arles (2008)

En savoir plus

Site officiel

Défilés

Christian Lacroix, costumier

 

Sources
Evene
Le Matin
Tribune de Genève
Wikipedia

 

Classé dans:Portrait, ,

Anne Sofie Johansson – number 11

Le diable s’habille en Prada ; le monde en Hennes & Mauritz.

Fashion University 2009

 

 

Ann Sofie Johansson est née dans les années 60 en Suède. Depuis avril 2008, elle occupe le poste de directrice du design chez H&M. La place était occupé depuis 20 ans par Margareta va den Bosch.

Après des études d’art et d’archéologie, elle est engagée chez H&M en 1989. «Je voulais être peintre mais je me suis rendue compte que je n’étais pas assez douée et c’est tout naturellement que je me suis tournée vers la mode.» Durant vingt ans, elle y a gravit les échelons jusqu’au sommet. Sur cette vidéo, une journaliste de Teen Vogue questionne A.S. Johansson sur son enfance, des études, les débuts de sa carrière,etc.

Anna Wintour dit qu’elle est la deuxième personne la plus importante de la mode mondiale (mais qui est donc la 1ère ?!). Cette affirmation vient du fait qu’aucune mode ne doit pouvoir passer à travers les mailles des filets des stylistes de H&M. Pour ce faire, Ann Sofie Johansson dirige une importante brigade (120 stylistes et modélistes) qui traquent les nouvelles tendances – décryptage intensif des défilés, prise de température des places hype du monde, le but étant d’imaginer des produits en adéquation parfaite avec l’air du temps qui soient à la fois rentables et successful. Les habits restent rarement plus de 3 ou 4 semaines en rayon, les stylistes créent donc des nouveautés à flux tendu.

«Nous scrutons les dernières tendances partout: sur internet, dans la rue et les défilés, ou en observant les rock stars», confie Ann Sofie Johansson. Ses stylistes préférés sont Isabel Marant et Phoebe Philo.

Ce qu’elle préfère, c’est travailler avec ses troupes et imaginer ce que femmes, hommes et enfants vont porter la saison prochaine. «Je ne dessine plus, mais je vois tout.» H&M dispose de plusieurs groupes de stylistes – un groupe pour les 15-17 ans, un groupe pour les femmes de 40 ans, etc.

Margareta van den Bosch, la pionnière, puis Ann Sofie Johansson ont signé plusieurs collaborations avec des stylistes reconnus (Karl Lagerfeld, Viktor & Rolf, Roberto Cavalli, Stella McCartney), ce qui se nomme du «masstige» (allier noms de prestige et marque de grande distribution). Cette technique marketing permet de faire parler de la marque sans investir dans la publicité. Un publicitaire a estimé que pour obtenir un impact équivalent à la collaboration entre Karl Lagerfeld / H&M, il aurait fallu dépenser au moins 4 millions d’euros en publicité diverse. Personne en sait combien a touché Karl… !

Cela est performant… combien d’articles sont parus cette année pour annoncer le dernier contrat signé avec Alber Elbaz (directeur artistique chez Lanvin). La mini-collection dessinée par Alber Elbaz pour H&M sera révélée le 2 novembre avec la sortie d’une vidéo de campagne. Des photos de cette collection ont déjà été révélées… la campagne, shootée par David Sims, met en scène les mannequins Hannelore Knuts, Simon Nessman et Natasha Poly portant des robes asymétriques et fleuries, des manches bouillonnées, des minaudières aux accessoires XXL.

******************************************************************************************************************

Historique de la société

Création –

H&M a été créée par Erling Persson en 1947. L’idée de vendre des vêtements à bas prix en grande quantité lui vient des USA. Il ouvre à Västeras (nord de la Suède) une première boutique nommée «Hennes» («Pour elle») car on y vendait que des vêtements pour femmes.

En 1968, lorsqu’il voulut s’implanter à Stockholm, Erling Persson racheta un magasin d’armes et d’articles de chasse «Mauritz Widforss» qui s’accompagna du rachat du stock de vêtements pour hommes. Ce fut la naissance de la gamme pour hommes et du nouveau nom «Hennes & Mauritz». Dans les années 70, un département enfants voit le jour.

H&M est toujours une affaire de famille, en effet, le fils d’Erling, Stefan Persson occupe la fonction de président exécutif du conseil d’administration depuis 1998, après avoir été PDG du groupe dès 1990 (il possède 36,8% des actions). C’est le petit-fils, Karl-Johan, qui préside le groupe actuellement. La fortune de la famille Persson est estimée à 13,7 millions d’euros (deuxième fortune de Suède derrière Ingvar Kamprad, fondateur d’Ikea)

En  2007, l’entreprise passe un accord avec Electronic Arts – la marque apparaît dans le kit d’extension du jeux Les Sims 2: H&M Fashion.

La même année, H&M lance une nouvelle chaîne de magasins appelés COS (Collection of Style), ligne de produits haut de gamme.

– Fabrication –

Elle ne possède pas d’usine de fabrication mais travaille avec 700 fournisseurs indépendants. 60% de la production est réalisée en Asie et le reste en Europe.

Implantation –

Aujourd’hui, H&M est présent dans 37 pays (2000 points de vente). Tous les 2-3 ans, le design intérieur des magasins est modernisé. L’enseigne n’achète jamais les emplacements, mais les loue, ce qui évite l’immobilisation de capitaux.

Collaborateurs –

76’000 collaborateurs, plus de 100 stylistes, 60 modélistes, 100 acheteurs, 16 bureaux de production à travers le monde (responsables de détails pratiques).

Marché –

L’Allemagne est le plus grand marché. Suivi de la Grande-Bretagne et de la Suède.

– Business model –

La société ne fonctionne pas selon le système de franchises. Tous les magasins H&M sont donc gérés par des employés de la société, sauf à Dubaï et au Koweït (franchisés depuis 2006).

20 bureaux nationaux représentent des relais locaux du siège social basé à Stockholm.

La maîtrise parfaite de la chaine de production fait le succès de la marque.

Pour réduire les coûts, le nombre d’intermédiaires est réduit au maximum et les achats se font en grandes quantités.

De plus, tous les pays reçoivent les mêmes collections ce qui permet de réduire encore les coûts.

– VPC –

La vente par correspondance est disponible en Suède, au Danemark, en Finlande, en Norvège, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche.

– CA 2009 –

118’697 millions de couronnes suédoises (17’270 millions de francs suisses / 12’787 millions d’euros)

– Croissance –

10 à 15% de nouveaux magasins par an ce qui équivaut à la création de 6000 à 7000 nouveaux emplois par année. Le recrutement se fait localement.

******************************************************************************************************************

En Suisse, H&M a ouvert le premier magasin en 1978. J’avais une année et ma maman achetait une grande partie de mes habits chez eux, je m’en souviens encore!

 

Sources
24heures
Be
Capital
hm.com
Puretrend
Teen Vogue

 

 

Classé dans:Portrait, ,

Richard Avedon – number 8

«Un portrait photographique est l’image de quelqu’un conscient d’être photographié et dont la réaction à cette information fait partie intégrante du cliché, au même titre que ses vêtements ou son allure.»  Richard Avedon

Enfance
Né le15 mai 1923 à New York dans une famille juive aisée d’origine russe. Son père est commerçant dans l’habillement l’initie très tôt aux techniques de la photographie en lui offrant, à l’âge de 10 ans, un Rolleiflex qui va changer radicalement sa vie. Il trouve son premier modèle en la personne du compositeur russe Sergueï Rachmaninov, un voisin.

Rolleiflex - premier appareil photo

Etudes
Après de brèves études de philosophie à l’université de Columbia, à la fin des années 1930, Avedon apprend l’art de la photographie auprès d’Alexey Brodovitch, enseignant au département de stylisme de la New School of Social Research et directeur artistique du Harper’s Bazaar.

Expériences professionnelles
Le 8 novembre 1941, au moment de l’attaque sur Pearl Harbor, il entre dans la marine marchande où il est affecté au service des photos d’identité puis aux autopsies. De cette expérience particulière, il tire un goût prononcé pour le portrait.

En 1944, ce sera Alexey Brodovitch qui lui permettra de signer son véritable premier contrat: il rejoint l’équipe du magazine de mode Harper’s Bazaar et photographie pour la première fois de sa carrière les collections de haute couture française. Il définit clairement son style, des portraits sur fond neutre, aime mettre en scène des mannequins et photographie une grande quantité de stars.

Dès ses débuts professionnels, le nom de Richard Avedon est associé à la mode et au portrait. Tout le monde est passé devant son objectif, de Charlie Chaplin et Buster Keaton à Marilyn Monroe, Dorothy Parker et la duchesse de Windsor, sans compter les nombreux «anonymes». Ses portraits se distinguent facilement par leur style minimaliste où la personne regarde directement l’objectif, en posant de face, sur un fond totalement blanc.

Portrait de Marilyn Monroe

Portrait de John Galliano - 1999

Portrait de Sean Penn

En 1966, après vingt ans d’une fructueuse collaboration avec Harper’s Bazaar, il quitte le magazine pour rejoindre Vogue. Il en sera le photographe de 1966 à 1990.

Premiers shootings de mode, bain de paillettes et jeux d’apparence, Richard Avedon ne se noie pas pour autant dans le conformisme. Que ce soit pour Vogue, Life ou Harper’s Bazaar, Richard Avedon est celui qui photographie l’instant, qui délaisse les minauderies pour obtenir de l’émotion, des rires et surtout du naturel.

Portrait de Milla Jovovich - 1998

En peu de temps, Richard Avedon se taille une place sur mesure dans l’industrie de la mode. Mais amoureux avant tout des portraits, le photographe quitte les studios pour retourner dans la rue, auprès des anonymes. Malades internés dans les hôpitaux psychiatriques, manifestants contre la guerre du Viêt Nam, Avedon sait dévoiler une sensibilité qui dépasse de loin la vie mondaine qu’on lui prédestinait.

En 1992, à 69 ans, Richard Avedon devient le premier et unique photographe du New Yorker.

Photos mode pour le New Yorker

Photos mode pour le New Yorker

En 1995 et 1997, il réalise les éditions du calendrier Pirelli.

Portrait de Naomi Campbell - 1995

Vie privée
En 1944, il épouse Dorcas Nowell, qui deviendra plus tard un modèle et qui sera connue professionnellement sous le nom de Doe Avedon.
Nowell et Avedon divorcent au bout de 5 ans de mariage.
En 1954, il se remarie avec Evelyn Franklin et de leur union naîtra un fils, John Richard Avedon.
Richard Avedon est mort en le 1er octobre 2004 d’une hémorragie cérébrale à San Antonio, au Texas.

Site officiel
http://www.richardavedon.com

En savoir plus
Avedon Fashion 1944-2000, 372 pages, Harry N. Abrams, Inc. (1 septembre 2009)

Avedon at Work: In the American West, 132 pages, University of Texas Press (28 février 2004)

Richard Avedon: Photographs 1946-2004, 192 pages, Louisiana Museum of Modern Art (novembre 2007)

Sources
Vogue.fr
Daily News
The Tech
The Boston Globe
The Urban Times

Classé dans:Portrait, , ,

PETER PHILIPS – number 7

Tous les blogs, ou presque, parle des nouveaux vernis Chanel, les KHAKI ! Mais au fait, qui se cache derrière la création du maquillage Chanel ?

Réponse : un homme, belge en plus (clin d’oeil aux bloggeuses belges et plus spécialement à Cahier des tendances liégeoises… !)

Peter Philips - directeur artistique de Chanel Maquillage depuis le 1er janvier 2008.

Etudes

Peter Philips est diplômé de l’Académie des Arts d’Anvers.

1ère expérience professionnelle

Habilleur dans les coulisses des défilés parisiens, il se rend compte qu’il n’est pas attiré par la création de vêtements mais par le maquillage. D’autant plus qu’il y a beaucoup plus de débouchés dans le make-up que dans le stylisme. Cette expérience backstage lui fait donc découvrir le métier de maquilleur, qu’il pratiquait jusqu’alors en amateur avec ses amis.

Début de carrière comme maquilleur

Il s’oriente alors vers la profession de maquilleur, et commence par le bas de l’échelle, en «acceptant tout, même les pubs pour des lessives ».

Peter Philips se révèle extrêmement talentueux, et passe rapidement maquilleur de mode.

Son style

Il se distingue par une utilisation de matériaux atypiques dans ses maquillages, comme des plumes, des perles ou des tissus. Il préfère les maquillages extrêmes, «plus faciles à réaliser que le make-up classique ».

Faux cils (2009)

Son plus grand coup médiatique

Un make-up fait de dentelle représentant Minnie Mouse pour le photographe Irving Penn, une photographie qui a fait le tour du monde et qui lui a ouvert «les portes des magazines branchés» et les studios des plus grands photographes de mode.

Consécration

Make-up artist brillant à l’international, Peter Philips est régulièrement sollicité pour maquiller des modèles lors de séries mode de magazines. Il collabore régulièrement avec i-D Magazine, les éditions italienne, japonaise, française et anglaise de Vogue, W Magazine, Interview, Fashion Rocks, 10 Magazine ou encore le Harper’s Bazaar, travaillant ainsi aux côtés de célèbres photographes comme Inez van Lamsweerde et Vinoodh Matadin, Patrick Demarchelier, Willy Vanderperre, Steven Klein, Richard Burbridge, Karl Lagerfeld ou Craig McDean.

En 2006 et après plusieurs années de collaboration avec Chanel, il rejoint la direction artistique du maquillage de la maison française. Il fait ses armes aux côtés de Dominique Moncourtois et Heidi Morawetz, les directeurs artistiques de Chanel Cosmetic de trente ans de la marque.

Karl Lagerfeld ne tarit pas d’éloges à son propos : « Peter Philips n’est pas seulement un excellent maquilleur, il a également l’habilité de créer le teint parfait. La première fois où j’ai travaillé avec lui, j’ai d’emblée été fasciné par son art ».

Pour Maureen Chiquet, la directrice générale de Chanel : «Peter a montré son habilité à capturer l’essence et l’esprit mêmes de la marque. Sa créativité exceptionnelle, son sens de la perfection et son attention envers les moindres détails ont contribué à sa renommé internationale». Sans surprise, ce make-up artist de talent parvient à faire perdurer le style classique et moderne de Chanel dans ses gammes de cosmétiques. En effet, sa première gamme de produits pour Chanel en août 2008 reste dans la lignée du travail de ses prédécesseurs. Comme il le dit, «Chanel n’a pas à se réinventer tous les ans, elle est déjà classique».

Défilé haute couture printemps-été 2008

Extrait de l’interview donnée à L’Express

Comment êtes-vous entré chez Chanel?

Tout s’est fait de manière très naturelle. Je maquillais déjà en free-lance sur les défilés Chanel, sur les campagnes de publicité de la marque avec le photographe Patrick Demarchelier. J’avais déjà fait des shootings avec Karl Lagerfeld en plus de mon travail pour Givenchy, Estée Lauder ou Armani. Les dirigeants de Chanel cherchaient quelqu’un qui appartienne à la nouvelle génération de maquilleurs et ils ont fait appel à moi. J’ai travaillé pendant plusieurs mois auprès de Dominique Moncourtois et Heidi Morawetz. La transition s’est faite en douceur.

Comment intégrer l’héritage de la maison Chanel tout en étant innovant?

Chanel est une griffe classique avant-gardiste, tout comme l’était Mademoiselle Chanel. En termes de make-up, elle a su proposer des rouges à lèvres innovants, un packaging ultrachic, des produits éphémères en éditions limitées, elle a su imposer le vernis noir… Elle a toujours eu une longueur d’avance.

Mais quelle est donc la Peter Philips touch?

Je suis très travailleur. Ma force, c’est ma base mode. Je suis diplômé de l’Académie d’Anvers. Je respecte le travail des autres. Je ne m’impose pas, mais, si je crois en une idée, je peux me montrer ferme. Parfois, je plonge dans des recherches très créatives… Vous souvenez-vous du masque de Mickey que j’avais réalisé en dentelle de Chantilly et qui avait été photographié par Irving Penn?

Vous avez commencé par la mode. Comment en êtes-vous venu au maquillage?

J’ai assisté à des défilés de créateurs belges à Paris et, lorsque j’ai vu le savoir-faire des équipes de maquilleurs, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire dans ce domaine. C’était en janvier 1995. Je me suis alors donné trois ans; j’ai d’abord travaillé en Belgique, mais surtout pour des magazines néerlandais. J’ai fait mon premier défilé avec Veronique Branquinho. Puis j’ai poursuivi avec Olivier Theyskens, au moment où il a «explosé», ainsi qu’avec Raf Simons. Je suis ensuite parti pour Londres, pendant un an, et enfin pour New York, où ma carrière a décollé. Ma première couverture de Vogue France, avec Christy Turlington, remonte à six ans. Je me suis lancé comme maquilleur à l’âge de 28 ans. Cela fait douze ans déjà; tout est allé très vite. Il faut dire que je n’ai fait que travailler: j’ai pris seulement quatre ou cinq semaines de vacances pendant cette période!

Quels sont vos créateurs préférés?

Assurément Dries Van Noten. Je suis inspiré par ses couleurs… J’apprécie Martin Margiela aussi: il a changé la mode, la manière de porter le vêtement. C’est grâce à lui que l’on a commencé à faire des expérimentations…

… Quelle est, selon vous, la place du maquillage dans la mode?

C’est une partie essentielle de la mode. Je transporte avec moi une valise pleine de produits de maquillage. Elle contient aussi un petit pot vide. C’est nécessaire d’utiliser un pot vide. Il n’est pas toujours obligatoire de faire quelque chose. Ne pas maquiller, c’est déjà du maquillage…

Sources :
– ykone.com
– lexpress.fr
– vogue.fr

Classé dans:Portrait, , ,

Anciens articles

Points d’intérêt

J’écoute …